En 2003, quand les décideurs de Renault ont commercialisé la
première voiture à bas prix du vingt et unième siècle, destinée aux marchés
émergents, imaginaient-ils le succès que la Logan récolterait en Europe
occidentale ? Dix pour cent de la production se sont installés en France, en
Belgique, en Allemagne… Quand bien même le terme Logan a-t-il une connotation
ingrate, ses acheteurs sourient pleinement aujourd’hui du choix qu’ils ont
fait. Il leur fallait du courage pourtant pour affronter les sarcasmes de leurs
voisins et de leurs amis. Quatre ans après le lancement de la Logan, Dacia
remet le couvert en proposant la Sandero, destinée plus particulièrement aux
prédilections de nos latitudes. Au passage, un logo plus amène s’insère sur le
capot de la nouvelle venue.
En optant pour une Dacia, l’utilisateur s’inscrit dans une
démarche prônée par les politiques de changer les habitudes. S’il existe
parfois des gens qui font la course sur nos boulevards, qui envisagent le réseau
routier comme une gigantesque cour de récréation où l’on joue au chat et à la
souris avec les radars, où l’efficacité se calcule encore en référence aux
dépassements, aux moyennes réalisées et aux vitesses maximales atteintes, le
client Dacia semble avoir mûri en privilégiant la citoyenneté et l’art de
partager la route ensemble.
La R4 et la 2cv avaient induit une telle mentalité. Les deux
Logan (berline et MCV) et la Sandero le font aussi tout en respectant les
critères de sécurité accrus imposés par l’évolution du trafic. Grâce à sa garde
au sol et la protection des soubassements, les Dacia renouent avec ce plaisir de
vivre tant évoqué en mai 1968. Sans être pour le moins rétrograde ! Quelles
sont les qualités mises en évidence par la Sandero ? La légèreté de l’ensemble,
une habitabilité hors du commun, un volume de chargement intéressant, des freins
à la hauteur avec ABS et assistance au freinage d’urgence.
D'aucuns reprocheront le caractère anémique des moteurs
essence. C’est un point de vue. Pour celui qui considère sa voiture comme un
moyen apprécié de se déplacer à plusieurs entre des contrées peu desservies par
les transports en commun, quel est le besoin majeur de gagner des minutes à ce
point précieuses qu’on les perd aisément dans les ralentissements pour des
travaux, un accident, des migrations faites aux mêmes heures. Un peu
d’organisation fluidifie les trajets tout en n’étant pas tenté de faire risette
avec les machines à sous qui bordent nos bitumes quotidiens.
Le 1.4 MPI de 75 cv est accouplé à une boîte manuelle à cinq
rapports longs. Il permet de monter allègrement jusqu’à six mille tours pour
celui qui est friand de rapidité. Les autres se contenteront de suivre la
voiture devant eux, sans s’énerver à tous les ronds-points où elle marquerait
l’arrêt même s’il n’y a personne, profiteront de la clémence de la météo pour
savourer l’instant présent. Vue sous cet angle-là, la Sandero est
particulièrement efficace. Parce que le jour où vous déciderez de faire une
escapade en sous-bois, elle sera votre alliée. En fait, la Sandero invite le
conducteur à abuser d’elle avec douceur.
Son hayon s’ouvre en grand sur un coffre gigantesque dont le
volume va quadrupler quand le dossier de la banquette est rabattu. Qui
regrettera que le plancher ne soit parfaitement plat ? L’habitacle est couvert
de plastiques durs dont l’aspect s’avère pourtant chatoyant. Les jeux de
coloris entre le clair et le foncé donnent une touche de sérieux que confirment
les ajustages. Une imposante boîte à gant, deux porte-gobelets devant la
poignée de frein à main et une échancrure dans les portes avant sont les seuls
rangements que vous découvrirez. Les sièges sont confortables et la garde au
toit est largement suffisante pour accueillir les grands gabarits.
Le châssis a été emprunté à la Logan, les trains roulants à la
Modus et la Micra et les suspensions ont un tarage souple qui explique le
confort réservé aux passagers. Sur les routes agrémentées de virolos amusants,
la solution sera de lever le pied pour limiter les effets du roulis. La
direction, malgré l’assistance, affirme une consistance lors des manœuvres à
laquelle on s’habitue très rapidement. La voiture confiée par l’importateur
comprenait une l’ouverture centralisée des portes, des commandes électriques
pour les fenêtres avant, automatique pour autant que l’on gardât le doigt sur le
bouton, un airco manuel : Istanbul quoi ! Les rétroviseurs extérieurs se
règlent depuis l’intérieur.
Robustesse, simplicité, modicité, modestie sont des qualités
qui conviennent parfaitement à la Sandero qui démontre pourtant une bonne
volonté et une polyvalence étonnante. À la différence des modèles proposés par
les concurrents, la Sandero dispose d’un espace inconnu ailleurs à ce niveau de
prix.
Conseils sur l'achat d'une Dacia Sandero 1.4 MPI 75 ch Ambiance :