Pour se déplacer en ville, il est évidemment plus
intéressant d’opter pour une petite voiture carburant à l’essence. Depuis
quelques mois, sous l’impulsion de Carlos Ghosn, la Twingo a troqué sa brassière
originale pour une tenue plus féminine et moderne. Toutefois, la Twingo
première du nom, née en avril 1993 avait conquis des millions de cœurs avec sa
bouille inimitable. Franck Poisin, notre spécialiste des 4x4, s’est glissé dans
une de ces légendes de la première génération.
Mes icônes automobiles sont plutôt du genre cubique, hautes sur
pattes et souvent boueuses. C'est donc avec un peu d'angoisse que je me suis vu
confier une véritable légende urbaine qui a récemment tiré sa dernière
révérence. Mise à jour régulièrement tous les deux ans depuis sa naissance en
1992 (Salon de paris en octobre), la Twingo de Renault a marqué son époque, le
paysage des villes et les mentalités. Jeune prolongement des caddies de
supermarchés, accessoire indispensable à tout trottoir digne de ce nom et ne
rechignant pas non plus à s'expatrier vers la campagne, Twingo s'est vendue à
près de deux millions et demi d’exemplaires en quatorze ans d’existence.
Tant nous nous sommes habitués à sa bouille de grenouille que
la décrire reviendrait à perdre son temps, la seule évocation du taxum ramenant
à notre esprit une image d'un véhicule déphasé à son lancement, ayant su prendre
sa place et la garder avec brio tout au long de sa carrière. Audacieuse par son
concept de mini monospace, téméraire avec deux portes seulement, éprouvée par
son moteur Cléon d'époque Dauphine, décalée par ses couleurs, ludique par sa
frimousse, modulable grâce à une banquette arrière coulissante, jeune par sa
campagne de pub où elle n'apparaît même pas, la Twingo a véritablement amené un
vent de fraîcheur sur le marché des automobiles françaises.
Les années passant, la désormais vénérable s'est tout de même
un peu embourgeoisée et c'est au volant de son ultime version que j'ai pris la
route. L'aspect extérieur a ma foi peu changé depuis ses débuts. Seuls
quelques détails, logos, jantes et pare-chocs peints sont au programme. À
l'intérieur, par contre, si sa soeur Clio a tout d'une grande, la petite au
catalogue n'est plus en reste. Le modèle confié s'enorgueillit de cuir,
lève-vitres électriques radio-cd et climatisation. Pour une citadine, ce n'est
pas mal.
L'accès à bord est facile et l'assise haute et courte semble
confortable au premier abord. La position de conduite ardue à régler et après
une cinquantaine de kilomètres, quelques tiraillements se font sentir dans
l'épaule et la nuque... Je ne trouverai jamais la bonne inclinaison du dossier,
ni la posture idéale. Toutefois, pour une citadine, c'est largement pardonnable,
d'autant que la vision tous azimuts est agréable en manoeuvre, le gabarit
contenu de l'engin permettant de se faufiler à peu près partout. Les commandes
tombent bien sous la main et le plastique n'est pas trop désagréable dans cette
gamme de véhicule et de prix. La modularité des places arrière, également
accueillantes pour des adultes reste un atout, le volume du coffre pouvant
s'ajuster en fonction du taux de remplissage du caddie ou de la taille de la
poussette.
Dotée d'une boîte manuelle à cinq rapports rapprochés, la puce
se laisse emmener agréablement par son moteur, certes ancien de base, mais
techniquement affublé de tout ce qui fait aujourd'hui une mécanique moderne. De
ce fait, le petit un litre deux aux seize soupapes de septante-cinq chevaux n'a
aucune peine à déplacer ses petits kilos juste contenus sous la tonne, même sur
autoroute. À pleine charge les côtes se font sentir, mais par les temps qui
flashent, la beauté des paysages vallonnés se doit d'être contemplée à un rythme
raisonnable.
La tenue de route est plus que correcte, les roues reportées
aux extrémités associées à un amortissement adapté faisant le reste. En appui et
sur revêtement dégradé, un léger désaccord entre l'avant et l'arrière se fait
sentir. En tous les cas, les dos d'âne et autres pavés disjoints des villes ne
mettront pas vos vertèbres à mal pour autant. La direction est également
agréable et remonte suffisamment d'information pour être en contact avec le
bitume sans vous dessertir le diamant ornant fièrement l'anneau du doigt de ces
dames. Des roues plus grandes qu'à l'origine ont permis d'améliorer le freinage
en y logeant des freins plus gros. Voyons à l'usage si les suspensions
s'affaisseront comme sur les premiers modèles.
L’épopée Twingo continue en Amérique du Sud, alors qu'en Europe
elle est irrémédiablement remplacée en 2007 par une Twingo II à mes yeux moins
attachante. Si le coeur vous en dit, il en reste peut-être encore en concession
sur le vieux continent. Sinon le marché de l'occasion vous accordera
certainement de vous faire autant plaisir que j'en ai eu à son volant, à des
tarifs raisonnables pour un engin éminemment pratique dès le moment où l'usage
urbain et sa périphérie lui sont réservés.
La nouvelle Twingo II abandonne
résolument la forme rondouillarde pour se conformer à la mode et respecter les
critères sécuritaires et de rentabilité en vigueur en ce début de siècle.
Quatre moteurs sont maintenant au catalogue : les 1.2 essence de soixante et
septante-cinq et cent chevaux ainsi que le diesel 1.5 de soixante-cinq
percherons.
Conseils sur l'achat d'une Renault Twingo 1.2e 16V Authentique :
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