La Suzuki Swift Sport intéressera plus le restant de la famille
que l’ingénieur commercial qui fait des kilomètres à longueur d’année sur les
autoroutes ou les départementales. La Swift testée s’approche plus des légendes
qu’ont connues les jeunes des années bénies d’avant les premières crises
pétrolières et d’avant les culpabilisations massives des pilotes qui
s’appropriaient leur volant, certes, parfois peu scrupuleux de la sécurité de
tous. Époque révolue où le nombre de véhicules sur les routes n’avait rien de
comparable avec ce que l’on voit aujourd’hui.
Toutefois, épinglons que la Swift Sport est un bijou beaucoup
plus civilisé que ses aînées. Suzuki vise avec brio la clientèle soucieuse de
performances et surtout d’impressions de pilotage. Pour conférer des
sensations, la Swift Sport détient des outils qui remplissent merveilleusement
leur mission, au prix de quelques concessions. Parlons d’abord de la
consommation. Il n’y a pas de miracle ! Quand un moteur monte aisément dans
les tours, propose son couple maximum à l’orée des cinq mille tours et sa
puissance maximale à la veille des sept mille, on peut s’attendre à un brin de
gloutonnerie. C’est entre quatre mille cinq cents et six mille cinq cents
rotations à la minute que le moulin distille le plaisir de conduire. Cependant,
la Swift Sport reste agréable à des régimes mieux tolérés par les oreilles et
par les pourfendeurs de Räikkönen, Haïkkinen et autres Loeb de trottoirs.
La Suzuki Swift Sport a des arguments intéressants à
développer. Le style de la Swift a été confronté aux desiderata du marché
européen. Elle est d’ailleurs produite en Hongrie pour une clientèle
majoritairement féminine. La version « Sport » devrait vraisemblablement
titiller la gent masculine en recherche de sensations : jantes de dix-sept
pouces à pneus taille basse, un spoiler aérodynamique, des bas de caisse et un
bouclier arrière intégrant deux échappements, grillages alvéolés. Dans
l’habitacle, les revêtements noirs et rouges ainsi que les inserts en aluminium
confirment le sérieux de fabrication de Suzuki. Certains puristes regretteront
certains plastiques durs. D’autres apprécieront le surpiquage rouge au volant
et au changement de vitesse.
Le moteur 1.6 VVT, dérivé du quinze cents qui équipe d’autres
modèles de la marque, a vu sa course et son taux de compression augmentés et
s’est pourvu d’une admission variable en continu dont les conduits sont polis.
Il donne le sentiment d’apprécier les coups de cravache. Les pistons forgés
sont refroidis par jet d’huile. Le collecteur d’échappement quatre en un et le
silencieux à deux sorties sont chromés. Le tout délivre couple, puissance et
sonorité qui correspondent à la robe de la « Belle ». Apprécions aussi la
garantie de cinq ans du constructeur qui confirme d’une part la qualité de
fabrication et sa confiance dans sa production.
La boîte courte à cinq rapports aurait mérité une sixième pour
les liaisons autoroutières entre « spéciales ». La Swift réduirait ainsi le
niveau sonore et celui de la consommation. Le changement de vitesse est
dynamique, facile à manipuler et parfaitement étagé. Il est évident que la
commande par câbles revêtus de téflon invite à abuser du levier avec des
mouvements impétueux. Deux personnalités se dégagent que l’on soit sous les
quatre mille tours ou au-delà de ceux-ci. La relative légèreté de la caisse,
étonnamment équilibrée, et le train avant incisif complètent le tableau proposé
par le châssis planté sur ses amortisseurs Monroe. La Swift Sport est inscrite
sur rail dans les itinéraires sinueux. Les concepteurs ont même imaginé de
pouvoir débrancher l’ESP, par ailleurs peu intrusif, pour ajouter des émotions
dans les déplacements dynamiques. Au prochain démarrage du moteur, cette aide à
la conduite sera à nouveau enclenchée.
Les détails d’utilisation quotidienne confirment aussi les
qualités de l’ensemble. La clef mains libres reste définitivement dans la
poche. Les pédaliers sont en alu. L’autoradio intègre le lecteur MP3 et les
commandes au volant. L’ordinateur de bord, quelque peu optimiste, affiche ses
chiffres loin à l’horizon du tableau de bord, dont la consommation, la
température extérieure, l’heure. Les cadrans en face du pilote sont aisés à
déchiffrer. Certains regretteront que le volume du coffre ait fait les frais de
sièges arrière suffisamment confortables pour que la Swift emmène quatre
adultes. Les grands gabarits auraient préféré un siège acceptant de descendre
plus près du châssis et d’un volant réglable en hauteur.
Au final, la Suzuki Swift Sport est une petite voiture
joueuse, avec une bouille sympa, profitant d’un sérieux de fabrication et d’une
technologie évoluée, distillant du plaisir en pagaille dans la ville ou les
virolos montagneux.
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