Toyota s’est forgé une sérieuse réputation de qualité au fil
des années, qualité dans laquelle l’importateur belge a une confiance
inconditionnelle qui lui permet de porter la garantie du constructeur de trois à
cinq ans, toutefois avec une limitation à cent cinquante mille kilomètres.
L’industriel japonais a confié au centre de design ED2 dans le sud de la France,
à Sophia-Antipolis, la conception et le développement de l’Auris, voiture créée
en Europe pour les Européens. Le résultat est la hauteur de ce que l’on attend
généralement de Toyota : fantastique !
L’Auris est appelée à remplacer la légendaire Corolla qui en
est à sa dixième génération et qui continue sa carrière, en Europe d’une part
avec la Sedan et la Verso et d’autre part dans les autres continents. Elle se
distingue de son aînée par un volume extérieur plus rond qui fera
vraisemblablement le bonheur de plus d’un carrossier. Il faudra être
particulièrement attentif lors des manœuvres de stationnements citadins. Le
coffre y gagne quelque peu en espace. Toutefois, les modifications majeures
sont intérieures : l’originalité de la console séparant irrémédiablement les
deux sièges avant facilite la saisie du changement de vitesse qui reste un
modèle du genre par sa précision et sa douceur d’utilisation.
Pleines de qualité, reconnues pour leur fonctionnalité sans
faille, les Toyota ne sont pourtant pas exemptes de détails à corriger ou à
aménager. Il serait anormal de passer sous silence l’inadéquation des
informations de l’ordinateur de bord qui négligent toujours la réalité. Avec
toutes les marques, les consommations théoriques sont génériquement difficiles à
atteindre, les quelques journalistes soucieux de consommations minimes
l’expérimentent chaque semaine. Les ordinateurs de bord sont généralement
optimistes, parfois de quelques dixièmes de litres (jusqu’à environ cinq pour
cent d’erreur). Il se fait qu’avec les Toyota, les différences sont importantes
et frisent souvent les deux litres (l’erreur est de vingt à trente pour cent).
À quoi bon alors proposer un ordinateur de bord ? Lors de l’essai d’un millier
de kilomètres, l’écran affichait une consommation de 7,4 litres aux cent alors
qu’à la pompe, il s’agissait de 9,1 l/100. Cette situation constatée lors de
nombreux tests est partagée par plusieurs collègues. Est-ce vraiment digne de
la part du premier constructeur automobile mondial ?
L’Auris confiée pour l’essai, de finition Sol Pack disposait de
neuf airbags, de la climatisation automatique, des antibrouillards, de
l’allumage spontané des phares et des essuie-glace, du système GPS, de l’accès
Smart Key autorisant le démarrage mains libres. Le régulateur de vitesse
utilise toujours la commande ancestrale située à l’arrière du volant, en bas à
droite : elle existait déjà sur les Dodge de mon enfance, au début des années
soixante. On pourrait croire cette manette révolue et pourtant, elle reste
incroyablement simple et efficace. Un bouton poussoir pour enclencher le
système et le témoin au tableau de bord, vers le bas pour déterminer la vitesse
de croisière ou la diminuer, vers le haut pour relancer le cruise contrôle ou
accélérer et vers soi pour déconnecter le régulateur. Fonctionnel, efficace et
sans surprise !
Le système radio intègre la connexion BlueTooth® pour
l’utilisation mains libres des GSM. Deux paires de lunettes se rangent devant
le rétroviseur intérieur. Les aides à la conduite réservées jusqu’à il y a peu
aux berlines de prestige font également partie de la donne : antiblocage des
roues (ABS), répartiteur électronique, assistance au freinage d’urgence,
contrôle de stabilité et de motricité.
L’habitabilité est un des points forts de l’Auris. Les adultes
qui s’asseyent à l’avant sont bien traités dans toutes les familiales
compactes. L’Auris propose, en plus, de l’espace aux jambes des passagers à
l’arrière. Le malheureux troisième à qui l’on réserve la place centrale dans
les voitures de ce segment se voit ici privilégié. Notons aussi que le
comportement routier de l’Auris est digne de ce que la clientèle européenne
attend d’une berline. La direction transmet correctement les informations du
revêtement routier. Elle est directe et précise. La tenue de route est
efficace pour une conduite tranquille et les suspensions sont typées confort.
Des jambes de force McPherson équipent les roues avant tandis que l’arrière se
contente d’une barre de torsion.
Le moteur carburant à l’essence se montre souple à souhait et
monte allègrement dans les tours. D’une cylindrée de mille six cents
centimètres cubes, il utilise la distribution à calage variable sur les arbres à
cames d’admission et d’échappement pour accroître le couple supérieur à cent
quarante Newtons mètre depuis les deux mille tours. Sa courbe de puissance est
linéaire depuis les mille tours jusqu’à la zone rouge à six mille tours. Pour
en réduire le poids, le collecteur d’admission est en fonte d’aluminium tandis
que le bloc-cylindres est en alu. La boîte à cinq rapports qui lui est associée
est bien étagée.
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